La survie en héritage – Témoignage

Dans cet article, j’ai l’honneur de vous présenter l’incroyable parcours de Véruska X, née au Chili deux avant la terrible dictature qui a régné sur le pays en 1973.

Véruska est une femme incroyable avec un récit qui vous fera réfléchir à la vie et les décisions que l’on prend pour être résilient.

Son père a été exécuté durant la dictature. Sa mère a été emprisonnée. La mère a pris Véruska avec elle, puis a quitté le pays pour partir en France. Toute une histoire que Véruska nous raconte humblement.

Aujourd’hui, Véruska vit une vie d’harmonie avec sa fille et son partenaire. Ce n’est pas facile tous les jours mais elle garde un amour et une philosophie de vie qui lui permettent de vivre avec conscience.

1. LA RÉSILIENCE COMME HÉRITAGE

Résilience

 

« Aujourd’hui est un jour particulier pour moi. C’est l’anniversaire de ma maman et c’est aussi l’anniversaire du coup d’état au Chili. J’avais presque 2 ans à l’époque. Mon père a été exécuté et ma mère emprisonnée (avec toutes les réjouissances associées). »

Dans ma ligné maternelle, tout n’est que souffrance

« Moi j’ai été au bout, du bout, du bout ! »

Pour Véruska, le Chili est la partie émergé de l’iceberg. Les souffrances et la douleur étaient déjà présentes dans l’héritage familial. Comme le rappelle Véruska, « dans ma ligné maternelle, tout n’est que souffrance. »

La maltraitance des femmes s’est perpétuée de mère en fille dans la famille. D’origine brésilienne, la mère de Véruska était promise à ce triste destin.

« Mon arrière-grand-mère a été mariée de force à son oncle » très jeune. Mariages forcés, mères avant leurs 17 ans, les femmes de la famille sont destinées à souffrir.

COMMENT MA MÈRE A CASSÉE LE CYCLE DE LA SOUFFRANCE ?

Comment ma mère a cassée le cycle ? se demande encore Véruska.

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La mère de Véruska était une jeune brésilienne de 15 ans, vivant dans la pension familiale. Sa grand-mère voulu la marier de force à ses 15 ans. Cette jeune fille pleine de courage a vite compris que l’éducation, la connaissance et le savoir pourraient la sauver des maltraitances de sa mère et de sa grand-mère. Excellente élève, elle s’est fait une éducation qui lui a permis de prendre des décisions pour son futur.

A ses 15 ans, sa grand-mère lui annonça les projets de mariage qu’elle entretenait pour elle, avec l’épicier du coin. Mais c’était sans compter sur la détermination de la jeune fille, qui lui tenu tête et s’affirma pour vivre une vie choisie (et non plus subie). Elle a donc cherché elle-même un mari avec qui elle accepterait de se marier. C’est comme ça qu’elle connut le père de Véruska, un imprimeur Chilien d’une trentaine d’année qui résidait dans la pension familiale alors qu’il travaillait au Brésil. L’homme de 30 ans était tombé amoureux de la jeune brésilienne.

« Il ne s’agissait pas d’un beau jeune homme qui sauve un jeune femme en détresse. » précise Véruska, consciente du sort de sa mère. Puis d’ajouter, « du côté de mon père, les choses n’étaient guère mieux. »

UNE NOUVELLE VIE AU CHILI JUSTE AVANT LA DICTATURE

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« Je suis née le 22 Août 1972, le coup d’état a eu lieu le 11 septembre 1973 ». Le mardi 11 septembre 1973, le gouvernement du président démocratiquement élu Salvador Allende – socialiste – a été renversé par un coup d’État militaire. Le coup d’État fut planifié par les commandants en chef des trois armées et le chef de la police, et dirigé par le général d’armée Augusto Pinochet.

À ce moment-là, la mère de Véruska était une femme qui venait de changer de vie. Devenue épouse à 15 ans et mère à 17 ans à peine, c’était une jeune fille étrangère qui venait d’immigrer dans un nouveau pays. Du jour au lendemain, sa vie a de nouveau basculée lorsque son mari s’est fait assassiner au nom de la dictature.

« Ma mère avait changé de vie et perdue mon père. »

Ce sont dans ces conditions dramatiques que Véruska et sa mère se sont retrouvées à l’ambassade de France puis sont partie pour une nouvelle vie de l’autre côté de l’atlantique. On est en décembre 1973.

2. L’HÉRITAGE D’UNE VIE

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« Ma mère a cassée un cycle de violence émotionnelle ».

La mère de Véruska, après avoir traversé toutes ces épreuves est devenue une femme forte qui avait un grand besoin de contrôle et de pouvoir.

Toutefois, elle a pris la décision intentionnelle d’aimer sa fille. Elle a su briser le cycle de violence et elle est passée de la maltraitance à la survivance. Elle a su dépasser ses conditions d’animal traqué par la vie.

QUELS ONT ÉTÉ LES IMPACTS SUR LA VIE DE LA JEUNE VÉRUSKA

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« Jeune, j’ai voulu me suicider »

L’histoire familiale a évidemment eu un grand impact sur la vie de Véruska.

« J’ai été élevée par des personnes qui vivent dans une marge de la société ; tu ne tournes pas le dos à la porte ; regardes dans les vitres pour voir si tu es suivis ; porte des vêtements sombre dans la foule pour ne pas être repérée. »

C’est dans cette dichotomie qu’a évolué Véruska. C’est terrible pour les enfants qui écoutent un message de la part de leur parent, leurs protecteurs, et qui vivent une situation tout autre au jour le jour.

L’IMPORTANCE DES MESSAGES ENVOYÉS AUX ENFANTS

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Pour les enfants, l’incohérence et la différence entre « ce que je dis et ce que je fais » est destructeur. Ils n’ont plus de repères.

Véruska nous en donne un exemple, lorsque, tout jeune adulte, elle a commencé à vouloir sortir le soir.

« Ce qui m’a cassée c’est mon père me disait je t’aime mais à 18 ans, je voulais aller en boite et il m’a traité de pute. »

Femme isolée à son arrivée en France, la mère de Véruska s’est mise avec un homme pour protéger sa fille. Cet homme a fortement influencé Véruska, qui le considère encore comme son père malgré la séparation du couple.

« Ils se sont séparés mais il reste mon père. »

Tout chemin de vie qui amène à faire des choix. Tout chemin de vie amène à faire le choix du bonheur. Véruska nous résume en quelques mots sa résilience.

« Je suis sortie de a guerre clairement. Je suis sur le chemin de la pacification. »

3. À QUOI RESSEMBLE LA VIE DE VÉRUSKA AUJOURD’HUI ?

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« Aujourd’hui je suis en couple depuis bientôt 7 ans. J’ai une magnifique petite fille. Nous avons quitté Paris pour la Bretagne. Et je vais bien. »

L’éducation de sa fille est une priorité

Le contrôle et le pouvoir sont deux éléments présents chez les victimes de gros traumatismes.

« Ma mère est une femme de pouvoir : tu es avec moi ou contre moi ».

Véruska a reçu une e sur le contrôle et le pouvoir. Sa mère a tout décidé pour elle. Ceci a eu des conséquences inespérées. Par exemple, à ce jour, Véruska confie ne pas savoir rêver. Elle n’en a jamais eu l’occasion.

«  Je n’éduques pas ma fille sur le pouvoir ».

Véruska a gardé des souvenirs de son enfance avec une mère en perpétuelle combat. Depuis, c’est une femme mure et comblée qui a pris des décisions pour sa vie et sa propre famille.

« Je fais très attention à ma fille et à être en couple avec un homme qui aime ma fille et qui m’aime moi. »

Véruska, tout comme sa mère l’avait fait auparavant, a pris la décision de changer les choses concernant l’éducation. Elle se refuse a utilisé le contrôle et le pouvoir sur sa propre fille.

« J’ai choisies intentionnellement de sortir de ces situations de pouvoir. »

Dans son foyer, Véruska privilégie la communication et les relations avec les autres.

« On discute des choses, on se marre, on a des gestes l’un envers l’autre, on a une vie harmonieuse. Mon quotidien n’est pas fait de hurlements. Quand je me sens mal, je parle. Je reconnais mes émotions. »

QUAND LE CORPS NOUS PARLE : LE SURPOIDS

Résilience

Par contre, de tous ces conflits dans l’enfance, Véruska en garde une mémoire corporelle. Elle admet avoir beaucoup de problème avec la nourriture. Elle porte, d’ailleurs, un anneau gastrique pour contrôler son alimentation. Grâce à la thérapie, Véruska a pu voir que ce surpoids était un état de défense face au monde.

Dès qu’elle se sent seule ou triste, Véruske retombe dans une forme de solitude et de vide intérieur.

« Au fond de moi subsiste un enfant abandonnée où son monde a basculé du jour au lendemain. »

Mais c’est sur une note d’espoir que continue Véruska.

« Quel que soit le monde extérieur, ton monde intérieur peut être stable. Quant à l’intérieur de soi on garde une bulle de beauté. »

QUELLE EST SA VISION DU MONDE ?

Résilience

« Soyez indulgentes avec vous mesdames. Ayez de la tendresse pour vous, pour vos cicatrices, pour vos souffrances. Et riez. Entourez-vous de personnes qui vous considèrent véritablement, avec qui vous ne vous diminuez pas.
Parce qu’on vient de loin. »

THÉRAPIES ET ÉNERGIES

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Véruska est passionnée par toutes les thérapies dites énergétique « ce qui m’a sauvé, c’est l’énergétique ». Après avoir fait des thérapies classiques qui lui ont permis de « débroussailler » comme elle le dit, elle a fait de l’hypnose, de l’EMDR, puis de l’énergétique, notamment via le Reiki.

Devenir énergéticienne lui a donné un accès à un niveau supérieur de conscience. Cela lui a permis notamment de communiquer avec des guides.

Son seul objectif c’est d’avancer sur le chemin de l’harmonie. Avancé avec les 4 accords Toltèques « Il n’y a rien de personnel, ne le prend pas personnellement ».

ÉLEVER SON NIVEAU DE CONSCIENCE CONTINUELLEMENT

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« Rester dans cette conscience, se parler de façon consciente. Être assez moi-même pour laisser de la place aux autres et être dans la compassion. »

L’éducation, un des piliers du changement

Résilience

« L’enfant ressent l’énergie qui circule entre nous. Quand je dégage une énergie de colère, Salomé le ressens. Donc je lui dis. Je suis en colère contre ton père. J’exprime les émotions suscitées. »

Être honnête vis-à-vis de soi, du conjoint, des enfants et le transmettre à nos enfants. Toutes nos émotions sont des énergies qui se manifestent de différente façon. Il ne sert à rien de le taire, ça ne ferait que les réprimer.

EXPLIQUER LES ÉMOTIONS AUX ENFANTS

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« Je dis à ma fille d’aller chercher le pain et je lui explique que si elle a peur de quelqu’un, elle s’éloigne.

Exemple :

– de quoi tu as le plus peur ?

– Des araignées.

– Si tu as peur comme une araignée alors tu t’éloignes.

La peur est notre amie. C’est elle qui nous maintient en vie. Il y a dans ce monde des personnes dévorées par la peur et qui ne savent pas vivre autrement. »

L’IMPORTANCE DES ÉMOTIONS

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« Quand quelque chose nous fâche ou nous fait vivre une émotion, c’est l’univers qui nous dit ce sur quoi tu dois travailler. On veut éviter la souffrance. Et pourtant, la compassion se travaille dans la marmite de la souffrance. C’est parce que tu ne peux voir ta propre souffrance que tu peux voir la souffrance chez les autres. »

Véruska a choisie de regarder en face ce qui lui apportait de bonnes choses et ce qui, au contraire, était toxique pour elle. À la suite d’un grand travail thérapeutique, elle a mis de la distance avec certaines personnes. Elle a décidé de couper les liens avec celui qu’elle considère comme son père pour se protéger émotionnellement. « Je me suis détachée émotionnellement. »

Véruska accorde une grande importance a toujours être la plus honnête possible avec ses émotions. D’origine latine, elle se reconnaît une certaine extraversion. Elle aime l’opéra et le théâtre.

« Je ne sais pas m’énervé sans monter le ton. Je suis très expressive. »

LE MAL À DIT

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« Tant que mon cerveau veut aller vite, mon corps et lourd. C’est ce contre poid absolu. »

Le corps est très intelligent. Il nous rappelle sans cesse nos priorités.

Dans l’exercice de pleine conscience, ralentir son cerveau, fait qu’il y a de la place pour ressentir l’émotion de suite. L’émotion permet de voir ce qui ne va pas.

« Si tu ressens de l’agressivité, tu sais que quelque chose ne va pas. Les autres sont absolument indispensables pour nous en rendre compte. »

L’ART ET LES ANIMAUX, PILIERS DE LA RÉSILIENCE

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« Toutes les personnes résilientes ont eu contact avec de animaux. Les animaux ont cette capacité de te garder une partie de douceur et tendresse. Ils ne jugent pas. Les animaux donnent de la tendresse et des attentions de manières inconditionnelles aux enfants. J’ai eu des chats durant mon enfance. Ma mère m’a fait aimer les livres. Et j’ai été très tôt touché pas la musique. J’en entendu une cantate de Bach et j’ai tellement pleuré que je me suis dit que c’est la preuve que Dieu existe. La grâce absolue. »

LES DERNIERS MOTS

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Pour finir, Véruska nous partage un peu de sa grande sagesse.

« Si tu veux connaître quelqu’un, regarde ce qu’il fait. »

Pour se reconnecter, elle se laisse bercer par la musique, la mature ou elle respire. C’est ce qui la calme. Véruska est quelqu’un qui a besoin d’être ancré dans la matière, donc elle s’est mise au tricot. L’activité manuelle l’aide à calmer l’activité cérébrale.

« Je suis une personne qui vit beaucoup dans sa tête. Le tricot : je construis quelque chose de mes mains. »

« Quand on reste dans le monde des idées on s’éloigne des actes. »

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